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DE LA VILLE DE PARIS.
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déballer toutes les capses et coffres, ainsi que bon semblera ausd, fermiers, tellement que voilà les marchans qui ne peuvent faire aulcun traffic qu'ilz n'aient tousjours après eulx leur fermier, soit pour la vente de leur marchandise au moyen du payement qu'ilz bailleront ou recepveront, et pour l'entrée et yssue de la marchandise, qui seroit par ce moyen la ruyne totalle de la marchandise.
"De sorte que voilà tous les marchans travaillez à jamais, soubz coulleur de cinquante mil livres par an, au lieu que, le temps passé, la marchandise a tousjours esté libre, et les marchans favorisez ct respectez pour le labeur qu'ilz ont à mectre les fruictz hors de ce royaulme, et attirer l'argent dc l'estranger, dont ilz sont tous les jours en danger, eulx, leur famille et biens.
«Toutes ces choses considérées, il vous plaise, Messieurs, remonstrer premierement la calamité du temps qui a esté, et la charte des vivres qui est de present, la grande necessité en laquelle est le pauvre peuple, et que le surhaulsement des especes d'or et d'argent vient plus par les grandz affaires qui ont esté en ce royaulme que pour aultres occasions, avec les raisons cy dessus contenues, et que, encores que la saison n'est maintenant dc travailler le peuple sur des monnoyes, il plaise au Roy ne traicter ses subjeetz par des fermiers qui achèteraient le sang
du peuple, s'il estoit baillé à ferme, mais qu'il luy plaise à admonester son peuple de son voulloir et intention sur le faict desd, monnoyes, lesquelles ilz désirent estre si bien reiglées que eulx mesmes n'en soient tellement molestez, et que pour ceste année il luy plaise surseoyr toutes choses, renvoyant lesd, fermiers, bien faire declaration par le Roy que de­dans quelque temps Sa Majesté veult et entend ses ordonnances des monnoyes avoir lieu, lesquelles il semble ausd, marchans meriter estre bien veues et visitées, pour peu à peu remectre les choses à si bonne fin que l'estranger et noz voisins ne puissent plus alterer noz monnoyes, mais qu'il plaise à Sa Majesté faire tout surceoir pour ung an, pendant lequel temps il fera declaration de son voulloir et intention, comme dict est. ->
Signé au dessoubz :
Pour les gardes dc la Drapperie : Dampmartin, Montelon, Viellard.
Pour les gardes de la marchandise de l'Espicerye et Appoticquairerye : Duboys, De Plancy, De Val, Megissier.
Pour les gardes de la marchandise de Gros-serye, Mercerye et Jeaulerye : Rousselet, E. Simon, G. Boucher.
Pour la communaulté des marchans de vins el poisson de mer : J. de La Bistrade, N. Buhot.
DCCXLI. —[Reffection du Pont aux Changeurs.]
17 décembre i565. (H 1784, fol. 353 r°.)
"Le Roy, séant en son Conseil tenu à Carcassonne le seize™" jour du moys de Janvier dernier, après avoir entendu l'eminent peril qui estoit au Pont aux Changeurs et les rapportz et advis donnez par les mra des oeuvres et gens à ce congnoissans, a advisé faire faire led. pont de pilles de pierres, pour estre icelluy porté à plat, voulant attribuer la congnois­sance et jugement des baulx et tiltres des habitans et detempteurs des maisons estans sur led. pont, le rachapt, vente, revente desd, maisonsàlad. Chambre, en a faict expedier les lectres pour ce necessaires, en dalle dud. seize1"0 Janvier(1).
"Entend Sad. Majesté que lad. Chambre sache
du Prevost des Marchans et Eschevins quel moyen il y auroit de secourir Sad. Majesté de quelques deniers pour la reffection dud. pont, si tant est que la re­vente d'icelluy ou offres desd, habitans, à present de­tempteurs desd, maisons, n'y puisse suffire; aussi que de sa part lad. Chambre regarde quelque expé­dient d'ailleurs, pour recouvrer argent, ainsi qu'il a fiance qu'en ceste compaignée il n'y a personne qui ne s'efforce soullager ses finances, comme il est ne­cessaire.
" Sera faict estat par estimation de ce que pour­ront couster lesd, pilles, reffection dud. pont et mai­sons, et le temps que l'on pourra mectre à rediffier,
C Ces lettres patentes, données àCarcassonne, le 16 janvier, conféraient pleins pouvoirs à la Chambre des Comptes pour effectuer le rachat des maisons et forges du pont au Change, procéder à la démolition du pont et passer tous marchés en vue de sa réfection cn pierres de taille, au lieu et place des pieux de bois qui l'avaient soutenu jusqu'alors; elles sont imprimées dans D. Félibien. Histoire de la ville de Paris, preuves, t. IlI, p. 681, et dans Maurice Champion, Les inondations en France, t. I, documents, p. xxxiv. La reconstruction de ce pont laissa beaucoup à désirer, car, en 1579, il menaçait ruine de nouveau.
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